MADAME LA FRANCE

« Quel est le théâtre […] qui puisse se targuer d’avoir un répertoire capable d’adopter la sincérité fruste des passions populaires, la liberté de jugement de la place publique, capable d’abandonner la servilité, d’acquérir un langage accessible au peuple, de deviner les passions de ce peuple, de toucher les cordes de son cœur? (Vsevolod Meyerhold).

2024, MADAME LA FRANCE – CRÉATION 2019
THÉÂTRE/ COMÉDIE/ MUSIQUE LIVE/ ENVOLÉES POÉTIQUES
POUR, AVEC, DANS L’ESPACE PUBLIC

DURÉE DU SPECTACLE : 1H00
TOUT PUBLIC
JAUGE : 600 PERSONNES

COPRODUCTIONS

Association Les Féron’arts
Le Cirque Jules Verne, Pôle National Cirque et rue d’Amiens
Le Boulon, Centre National des Arts de la Rue et de l’Espace Public de Vieux-Condé

SOUTIENS à LA CRÉATION

La DRAC des Hauts-de-France
La Région Hauts-de-France

APPORTS EN INDUSTRIE

La mairie de Féron
Le Théâtre du Soleil
Le 232 U
EPCC écomusée de l’Avesnois

SYNOPSIS

2024, un village en France : un système de surveillance omniprésent permet de connaître les actes « non-citoyens ». Officiellement, le peuple unanime vit dans le bonheur sans poser de questions. «Un permis à point de droit à la citoyenneté» a été mis en place. Des consignes de « comportement à adopter » pour gagner ou conserver ses points sont diffusées chaque jour sur la place du village par un « système sonore». Tout comportement suspect, acte de résistance ou non-participation au règlement de la cité, est pénalisé par la perte de points. Tout citoyen qui atteint zéro point est passible de bannissement par catapultage.

2024, MADAME LA FRANCE, une comédie, sera le deuxième
volet de notre diptyque et reposera donc la même question que BOUC DE LÀ ! :

Alors… Madame la France ! Que fais-tu ?

2024, MADAME LA FRANCE fait évidemment référence à l’œuvre de Georges Orwell 1984, dans laquelle Big Brother devient une figure métaphorique du régime policier et totalitaire, de la société de surveillance, ainsi que de la réduction des libertés individuelles. Dans notre pièce, en 2024, les droits individuels ont pris tellement d’importance dans l’espace public que plus rien n’est décidé au service du commun. Un nouveau gouvernement réussit enfin à être élu en s’engouffrant dans cette faille. La société de surveillance n’est plus une fiction et est à son comble, installée comme normalité.

NOTE D’INTENTION

« C’est vrai, la France démocratique s’est constituée en élaborant un espace public commun à tous – la communauté des citoyens.
C’est au nom de la citoyenneté commune, que nous tous, membres de la société démocratique française, nous pouvons disposer d’un ensemble de droits et de devoirs qui nous permettent de faire une société par-delà nos différences et nos inégalités. Il faut qu’il y ait entre les êtres humains d’une même société ce minimum de confiance réciproque par lequel nous établissons des liens et nous pouvons vivre ensemble. »

Extrait de « La Citoyenneté à l’épreuve » de Dominique Schnapper

« Il est venu le temps de feindre » disait Aragon et il est temps pour nous « clowns de supermarché » de nous moquer ouvertement des réactionnaires aux discours de haine qui nous racontent des histoires et qui nous parlent comme à des enfants. A savoir, en assumant notre condition d’acteur pris en tenaille entre ce qui est vrai et ce qui est faux.

Celle-là ou Celui-là qui, parce qu’il a de nouvelles lunettes, prétend pouvoir parler au peuple dans son costume de chef.
Celle-là ou Celui-là qui nous enferme dans un pays clos, dans une société monochrome et une identité univoque.
Enfin toi, moi, elle, lui, qui avons fini par les croire et qui avons glissé doucement vers la barbarie.
Le jeu commence. De manipulation rhétorique en manipulation d’imagerie d’enfant, le
« beau-parleur » devient, le temps de son discours, maître du passé, contrôleur du présent et oblitère l’avenir.

« L’être-acteur » dans la vie ne fait qu’adopter les pratiques de « l’être-acteur » sur scène. Et ainsi les deux paraissent pris dans un jeu de miroirs déformants qui rend floues leurs images en raison, précisément, du « jeu » sur la scène du théâtre ou sur celle de la vie.

Nous allons nous moquer et jouir avec le public du plaisir de démonter la machine bien huilée de la manipulation des idées et des êtres.

En prenant ces porteurs de haine au pied de la lettre, les clowns peuvent aller au bout de ce qui se révélera être une fable cruelle. Ainsi la fragilité intrinsèque du projet démocratique se révèle.

2024, Madame La France, c’est l’histoire du jeu où l’on joue à trahir cette promesse démocratique. C’est notre avenir proche, c’est demain. C’est poser la question de la responsabilité individuelle dans un projet commun. Et, c’est révéler la nécessité de rester au plus proche de nos inexpugnables idéaux humanistes.

Caroline Panzera